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Bienvenue au centre commercial
virtuel
E-COMMERCE ·
Services et choix toujours plus vastes, confiance
des consommateurs dans le paiement en ligne et surtout
... des produits moins chers. Le commerce électronique
est en pleine croissance.
Johann Harscoët
L'entrée se fait... par une porte.
A l'intérieur de ce centre commercial de deux étages,
plusieurs galeries, et des dizaines de vitrines de
magasins de grandes marques qui ont loué leur
emplacement. Une charmante hôtesse d'accueil vous guide
tout au long de votre visite. Que vous souhaitiez
renouveler votre garde-robe, vous offrir un voyage à
Tahiti, vous informer des dernières nouveautés dans le
domaine de l'informatique, ou encore modifier votre
assurance, commander des fleurs ou vous faire livrer du
matériel de bricolage, vous trouverez forcément votre
bonheur dans cette enseigne... qui n'existe pas.
Lecentredumonde.com est en
effet le premier centre commercial virtuel.
Quatre-vingts marques de tous domaines y sont présentes,
parmi lesquelles La Redoute, Fauchon, Yves Rocher,
Lastminute, la Fnac, etc. Un simple clic sur leur
vitrine virtuelle vous mène à leur site, dans lequel
vous effectuez vos éventuels achats. Lecentredumonde.com
est le dernier-né des «absolute players» du net,
c'est-à-dire des entreprises qui n'existent que par et
pour internet.
Plaisir du lèche-vitrine
Il ne s'agit que d'une simple
vitrine, qui se permet, selon son fondateur Jean-Pierre
Mourot, de
refuser «90% des demandes de référencement» émanant
de diverses entreprises. Le nombre de marques présentes
sur ce site en 3D sera porté en fin d'année à 180, soit
trois fois plus qu'à l'heure actuelle. Les centres
commerciaux de demain seront-ils la copie quasi réelle
de ceux que vous parcourez chaque week-end en plusieurs
kilomètres de marche? Votre seul clavier suffira-t-il à
faire vos emplettes? Oui, si l'on suit les courbes
d'évolution du e-commerce ainsi que la tendance générale
des sites marchands à proposer toujours plus de
produits, toujours moins chers, avec toujours plus
d'informations. Le commerce électronique devrait, dans
les années à venir, atteindre le parfait équilibre entre
le plaisir de la flânerie proposé par le
centredumonde.com, celui du lèche-vitrines permis par
les sites des différentes marques, celui du prix le plus
bas grâce aux sites de comparatifs, ainsi que celui de
la qualité et de l'information sûre accessible dans les
forums et groupes de discussion. Autant de possibilités
déjà offertes par le net, mais le plus souvent dans des
sites distincts. La méfiance à l'égard des transactions
bancaires, pourtant ultrasécurisées et qui
n'occasionnent que de rarissimes fraudes, ainsi que les
habitudes de consommation retardent le développement de
l'achat en ligne. Celui-ci progresse tout de même de
façon exponentielle, puisqu'il a quasiment doublé au
cours des deux dernières années dans l'ensemble des pays
d'Europe de l'ouest. En France, le taux de satisfaction
des acheteurs en ligne frôle la béatitude puisqu'ils
sont 99,3% à avoir été satisfaits de leurs achats de
Noël sur le web. 7% des Français ont d'ailleurs effectué
l'intégralité de leurs achats de Noël derrière leur
écran d'ordinateur, ce qui est un nouveau record. La
commercialisation des produits frais semble à première
vue être le principal obstacle au développement massif
et intégral du commerce en ligne. Le directeur du
Shop.ch, racheté par Migros, Dominique Locher, se frotte
pourtant les mains en constatant que «83% des commandes
contiennent des produits frais» et que «dans
le top 30 de nos produits, 27 sont frais». «Le
consommateur reçoit dès le lendemain à son domicile ce
qu'il a commandé la veille. Il s'agit souvent de jeunes
ménagères très occupées qui n'ont plus de temps à perdre
à faire les courses. En revanche, elles attendent que
nous fassions à leur place la vérification de la
fraîcheur et de la qualité des produits que nous lui
livrons. Les produits alimentaires sont les plus
délicats à vendre sur internet, et nous ne faisons pas
de compromis avec nos fournisseurs.
Nos voisins européens
Le chiffre d'affaires du
Shop.ch a atteint 47,8 millions de francs suisses en
2005, soit une augmentation de 46% par rapport à l'année
précédente (soit 2/3 du marché suisse, le dernier tiers
allant à Coop.ch). «Notre chiffre, poursuit D. Locher,
devrait franchir la barre des 70 millions en 2006, et
dépasser les 300 millions à l'horizon 2010. Nos
prévisions sont basées sur les résultats de nos voisins
européens, légèrement en avance sur la Suisse dans ce
domaine.» Le site de vente en ligne de Migros représente
une infime partie du chiffre d'affaires du groupe (0,5
%). En Suisse, 40% des deux millions d'internautes
achètent en ligne. Ils ont en moyenne entre 19 et 39
ans. Le commerce de proximité y est plus ancré que dans
les autres pays. Malgré un taux d'accès à internet qui
figure parmi les meilleurs d'Europe, la Suisse a donc de
nouvelles étapes à franchir dans le monde du commerce
électronique. I |