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le 12 mars
2006 Evaluation -
lecentredumonde.com
La métaphore du centre
commercial
Faire ses courses
dans le monde virtuel consiste généralement à
utiliser un moteur de recherche, accéder à un site
commercial, sélectionner un produit et suivre le
processus d'achat.
Pour faire nous courses
dans le monde réel, il est plutôt rare que nous
commencions par feuilleter un annuaire, en tout
cas pas pour tout ce qui peut se trouver dans un
centre commercial.il s'agit plutôt de retrouver où
nous avons laissé les clés de la voiture.
Le site modestement appelé lecentredumonde.com cherche à
donner à l'internaute l'impression qu'il se trouve
dans une galerie marchande.
Une fois passé
par l'entrée du centre commercial - au graphisme
assez pauvre et qui constitue une étape
probablement superflue - l'internaute accède à une
page d'accueil dans laquelle il reçoit des
informations et peut s'orienter.
Un visage
de jeune femme en 3D s'adresse à lui d'une voix
agréable, mais avec des mouvements de lèvres si
mécaniques qu'ils font penser à une portière de
voiture qui s'ouvre et qui se ferme.
L'idée est cependant intéressante: les
visages changent au fil des pages et des
boutiques, le texte que l'on entend est bien
construit et informatif. Au-delà de la fonction
«guide» le site utilise aussi ces
portraits-parlants pour des messages promotionnels
et c'est bienfait.
Plutôt que
d'un menu de navigation horizontal, c'est une
table de navigation qui se trouve en haut et à
droite de l'écran. La métaphore trouve ici sa
première limite: il faut avancer dans sa recherche
en choisissant une catégorie, ou une boutique dans
des menus déroulants.
Ce n'est qu'un écran
plus loin qu'apparaît, dans cette table de
navigation, une sorte de petite mappemonde avec
des flèches grâce auxquelles on peut avoir
l'impression de se déplacer spatialement dans le
centre.
La table d'orientation comprend
aussi un plan, qui file la métaphore en nous
indiquant à quel étage du centre commercial nous
nous trouvons. Des petits carrés de couleurs
cliquables permettent d'arriver sur une «place» :
le centre est subdivisé en «places», correspondant
à la vision que peut avoir le visiteur d'un centre
commercial ayant devant lui, disposées comme en
demi cercle, un certain nombre de boutiques (4 à
chaque fois ici).
Quel est le parcours
favori des visiteurs du site? Aiment-ils cliquer
sur ces petits carrés, pour se retrouver, au
hasard, devant un groupe de boutiques? Où
adoptent-t-ils une approche plus rationnelle,
utilisant de préférence les menus déroulants? Il
semble que les internautes préfèrent l'accès par
le plan, ce qui montre qu'ils apprécient une
expérience différente de l'ordinaire de la
recherche sur le Net.
Après cette première
sélection, l'internaute se retrouve devant la «
vitrine » (plus que succincte) de la marque et, en
cliquant sur celle-ci, il accède au site de la
marque.
Cette formule
originale paraît avoir deux avantages:
-
copier, même si c'est fait de façon très
schématique, un environnement d'achat qui est bien
plus familier que la navigation sur Internet;
- mettre en contact l'internaute avec des
noms de marques auxquels il n'aurait pas pensé.
L'un des grands handicaps d'Internet est d'obliger
l'internaute à savoir ce qu'il veut pour avancer;
impossible de se promener le nez en l'air. Pour
naviguer il faut indiquer une direction et donc
avoir fait un choix. Ce site crée un compromis
entre les deux.
Ces avantages sont-ils de
nature à fidéliser les internautes, malgré une
mise en scène assez squelettique, qui tient plus
de la convention (comme dans les jeux d'enfants :
« On va dire qu'on seraient. »)? Il semble que
oui.
Le site a été lancé en décembre 2005
par une PME toulonnaise , AICOM. Il a déjà 80
partenaires marchands et compte arriver en 2006 au
maximum prévu, soit 180. Le choix est déjà très
large, avec beaucoup de grandes marques. Durant
son premier mois d'activité, si l'on en croit
l'article que lui a consacré le Journal du Net, les internautes
ont dépensé 80.000 euros dans les boutiques (50 à
ce moment-là) de ce centre commercial virtuel,
avec un panier moyen de 80 euros.
L'autre
question qui vient aussi à l'esprit est celle de
la fidélisation. Une fois sur le site de Cyrillus
- par exemple - l'internaute repassera-t-il par
lecentredumonde.com lorsqu'il voudra à nouveau
acheter chez Cyrillus? Les responsables du site en
sont convaincus et citent une statistique liée à
l'achat chez Vert Baudet par leur intermédiaire;
70 à 80% des acheteurs ne sont pas de nouveaux
clients du centre commercial virtuel.
La valeur
ajoutée par la présentation de plusieurs boutiques
à la fois, apportant un élément de surprise
positive dans la recherche de l'internaute, est
peut-être élevée. Après tout, dans le monde réel,
un vêtement s'achète rarement en allant
directement dans une boutique est une seule, mais
plutôt après en avoir regardé plusieurs.
Mais alors, pourquoi ne pas regrouper
les marques de vêtements sur une ou plusieurs des
« places » du site ? La « promenade virtuelle »
pour trouver des vêtements serait plus simple.
Commercialement, l'effet positif du mélange des
genres serait perdu. Sur la « Place rouge» du site
, Cyrillus, se trouve à côté de Clust (produits
high-tech pour la maison), de Opodo (week-ends et
thalasso) et Alice (téléphonie).
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